Le format album dépassé par les playlists

Une étude conduite aux USA montre que les auditeurs passent plus de temps à écouter des playlists que des albums complets.

par yanhl, le 23 septembre 2016 à 16h57

LOOP (Lots of Online People) a effectué une étude auprès de 3014 auditeurs américains sur leurs habitudes d’écoute de la musique. Le rapport complet, « Music Consumption: The Overall Landscape », est vendu par Music Biz (Music Business Association), qui en a révélé quelques données.

La première concerne la répartition du temps d’écoute entre les différents formats. Le single reste le format dominant avec 46% du temps d’écoute, en baisse de 6% par rapport à l’année passée. Les albums ne représentent que 22% du temps d’écoute, alors que les playlists comptent maintenant pour 31%. Si aucune explication n’est fournie, l’une des raisons de cette évolution est probablement à chercher du côté de l’évolution de la distribution. Après les CD, c’est maintenant au tour des ventes de musique téléchargée de chuter, au profit des services de streaming. Ces deniers développent de plus en plus les playlists, toujours plus personnalisées : « Pour vous » (Apple Music), « Découvertes de la semaine » (Spotify)... plus vous passez du temps sur ces services et plus leurs suggestions sont pertinentes.

Le rapport s’intéresse également au streaming gratuit financé par la publicité. 42% des sondés disent ne pas payer pour un service de musique parce qu’ils sont satisfaits par ce modèle. On imagine que d’autres réponses étaient proposées aux non-abonnés : services trop chers, offres trop limitées, applications pas assez pratiques... il est peu probable que les 58% restants n’étaient composés que d’abonnés payants.

Dans le détail des canaux de distribution, le rapport révèle que le service le plus utilisé par les personnes écoutant au moins cinq minutes de musique par semaine est YouTube, qui domine du haut de ses 42% d’utilisateurs. Le service suivant est Pandora avec 31% d’utilisateurs, un service basé sur un système de « radios » qui n’est pas disponible en France. Le CD a quant à lui été abandonné par plus des trois quarts des sondés : seuls 22% déclaraient l’utiliser encore.

Source : MusicBiz.org.

10 commentaires

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Don Marko le 23/09/16
Intéressant !
Le zapping introduit par le numérique a fini par créer de nouveaux usages.
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ManuLaZicmu le 24/09/16
Les grosses maisons d'édition se sont gavés pendant des années sur un système qu'ils ont jugés bon de ne pas faire évoluer, la révolution numérique s'en est chargé et c'est tant mieux! C'est tout benef' pour la diversité musicale
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The Banshee le 25/09/16
Pas pour les créateurs.....
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ouhena le 26/09/16
Je ne sais pas ' il faut s' effrayer tant que ça de ce virage dans le mode de diffusion, et pourtant je suis attaché à "l' objet" disque qui offre (ou pas d' ailleurs) plus que simplement de la musique en amenant un visuel et plus de personnalité à l' oeuvre. Après j' admets volontiers que la majorité des "consommateurs" n' ait pas cette approche et qu 'il lui suffise d' entendre de la musique, pas de l' écouter. Peut-être que le paradigme maintenant pour un musicien ne sera plus d' arriver à fixer quelques morceaux sur un support et à essayer de le diffuser mais d' arriver à placer ses morceaux individuellement sur des playlists, et le succès ne se mesurera plus en terme d' albums vendus mais en nombre d' écoute.
Pour ce qui est de la rétribution de l' artiste, l' ancien schéma était de toute façon déjà basé sur une exploitation parfois outrancière des éditeurs, gageons que les exploiteurs changeront de métier mais le système restera sans doute le même. Donc si les éditeurs ancienne version ne sont plus capables de "placer" des artistes, à ces derniers de changer de méthode et de s' organiser pour protéger leurs droits face à ce changement.
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voyaki le 26/09/16
Et avant le numérique les artistes étaient beaucoup plus tributaires des maisons de disques, que ce soit pour le travail studio ou la diffusion. Internet a permis de poser (en bien ou en mal ) une différence entre "l'artiste" et l'entertainer (rihana , l.gaga etc...).
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Don Marko le 27/09/16
Bof, Internet a surtout aggravé les inégalités. Maintenant tu peux diffuser à peu près n'importe quoi mais tu peux tjrs crever dans ton coin... Ca joue surtout sur la diffusion de la musique et surtout des possibilités (pas du tout assez utilisées encore en 2016) de bosser quasiment en direct avec des musiciens du monde entier
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carvil le 06/10/16
En tout cas, j'espère qu'ils n'ont pas trop dépensé dans cette étude, un micro-trottoir les aurait informés !
Moi je continue de considérer un album comme une œuvre entière et aime à l'écouter de bout en bout. Mais chuis vieux.
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DirkDigler le 07/10/16
Je continu à écouter principalement des CD mais je suis aussi attiré par la possibilité de découvrir des tas de chose plus facilement grâce au net. Par contre pour les artistes, déjà qu'avec le disque c'était pas très rémunérateur, avec le net ils ne touchent quasiment rien...
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Meu-Meu77 le 18/11/16
Le numerique tue les artistes quoi qu'on en dise.
Comme pour tout on en arrive à une surconsommation de musique par les gens. Ils n'apprecient plus une musique comme avant.
Et niveau remuneration, ba.... maintenant elle est quasi devenu innexistente vu que ya plus de CD.

Jsuis pas vieux, mais faut reconnaitre qu'un beau CD a 1000 fois plus d'ame que....un fichier mp3, un lien internet...
+1
le comte le 05 Jan
Rien à branler , j'écoute que des vinyls .
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