Amis violonistes bonjour,
voici un instrument récupéré lors de l’achat d’un lot.
Avez vous une idée de sa valeur? Merci d’avance.
oui ça c’est sur...
Merci à vous, c’est à peu près ce que j’imaginais..
L’annonce est le plus proche de ce que tu avais, même au niveau du case. Donc je dirais dans ces memes prix.
Ton violon est beaucoup plus beau que l’horreur en lien. Plutôt un Mirecourt années 1920. Selon la qualité du dos (fondamental quand on parle de violons...) plutôt aux alentours des 1000 euros.
Les archets peuvent aussi valoir le coup, il y en a un des deux qui paraît joli, l’autre beaucoup moins, et le troisième semble être un archet de violoncelle qui peut valoir quelque chose également.
Et si le vendeur apprend ici que c’est un Stradi, il peut annuler sa vente ?
Regarde "étiquette apocryphe violon", tu trouveras une explication plus précise que ce que je pourrai écrire ici.
Pour faire simple; les manufactures de Mirecourt étaient les plus gros fabricants mondiaux entre 1880 et 1930. Ils en ont produit des millions avec plein d’étiquettes correspondant aux luthiers de l’âge d’or italien. Ce violon a toutes les caractéristiques d’un Mirecourt.
PS; et un violon avec une étiquette Stradivarius n’est bien sûr pas un Stradivarius… D’ailleurs si ça marchait comme ça, le Amati dont le nom est sur l’étiquette était le maître de Stradivarius, et connu pour avoir fabriqué de meilleurs instruments en termes de qualité que Stradivarius lui-même.
PPS; et les guitares Mirecourt sont des merdes sans nom, c’est très connu. Mal conçues, moches, frettes horribles. On peut pas être bon en tout.
tes deus mrguez, c’est des Gérome ?…
Me souviens plus, je les ai plus, elles ont servi de deco dans une paillote
j’ai eu 2/3 Mirecourt dont une Henri Miller classique contreplaquée années 60/70 de très bonne qualité, pas du tout merdique et bien meilleure et stable que des allemandes, belges, italiennes, hollandaises des années 70, toutes guitares de "artesania" avec table ployée et action comme un arc. Comme Gerome, ils étaient des ouvriers luthiers semi independants selon les circonstances, traditions bien vosgienne de l’artisanat familial qui parfois se salariait. " merdes sans nom " est un peu court je trouve mais tout le monde s’en fout je suppose, tant pis.
Je peux t’assurer que les deux que j’ai eu dans les mains feraient pleurer tout bon luthier qui se respecte apres dans le lot sûrement quelques pelles sympa mais bon …
Oui, à boire et à manger. juste dire que Mirecourt était le centre d’une industrie ancienne qui avait le mérite d’exister dans toute l’Europe à un stade semi industriel. Du tri à faire et il y a quelques noms car plus facteurs d’instruments que véritables LUTHIERS en effet. C’est ce que les japonais
ont su améliorer en process et
meca/robotisation pour homogénéiser Le contrôle qualité, s’adapter à une demande mondialisé qui exigeait un bas de gamme plus standardisé et qualitatif (specs bien reprises et bois etuvés entres autres)
"Du tri à faire et il y a quelques noms car plus facteurs d’instruments que véritables LUTHIERS en effet."
Non pas du tout. Les manufactures de Mirecourt sont depuis le XIXème le centre de la lutherie mondiale, pour les instruments du quatuor ils sont incontournables. Les trois quart des violons que je vends / répare sont des Mirecourt. C’est aussi parce que je suis spécialisé dans les instruments pour étudiant et orchestre, pour débutant ce serait presque exclusivement du chinois (il y a des très bons trucs d’ailleurs) et dans le très haut de gamme c’est italien XVIIème et XVIIIème (totalement inaccessible de nos jours).
"C’est ce que les japonais
ont su améliorer en process et
meca/robotisation pour homogénéiser Le contrôle qualité, s’adapter à une demande mondialisé qui exigeait un bas de gamme plus standardisé et qualitatif (specs bien reprises et bois etuvés entres autres)"
Euh… en 20 ans j’ai dû voir passer moins d’une dizaine de violons japonais, t’es sûr de ce que tu avances?
Les bois des violons Mirecourt bas de gamme sont étuvés depuis le XIXème siècle, particulièrement pour les gammes "Medio Fino". Tolbecque y consacre un chapitre dans "L’art du luthier", et ce bouquin est paru en 1901. Et si tu parles des guitares, les japonaises des années 60 / 70 sont à 90% en contreplaqué, c’est d’ailleurs ce qui explique leur solidité, donc quel besoin ils auraient eu d’étuver?
Par contre, et pour préciser; quand la guitare est devenue à la mode, après la première guerre mondiale, les manufactures de Mirecourt ont été forcées d’en produire. Et comme il n’y a pas de "recherche et développement" en lutherie (puisqu’on ne fait "que" reproduire des modèles aux cotes fixées il y a maintenant 400 ans), les luthiers de Mirecourt ont eu du mal à mettre au point une guitare qui valait le coup. Les bois des tables sont de bonne qualité (épicéa des Vosges), mais l’ébène était très cher et réservé aux violons donc la plupart des touches sont dans des essences assez merdiques et teintées (et surtout dans des bois pas assez denses!), sans radius, il n’y a pas de frettes sur les violons donc ils ne savaient pas fretter correctement, les barrages sont en échelle (j’ai jamais vu une Mirecourt avec barrage en croix) donc le son et la solidité s’en ressentent, bref c’est vraiment à éviter. Il doit encore m’en rester trois / quatre à l’atelier dans un coin, c’est pas mal quand un stagiaire veut se faire la main.
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