DudeGuitars a dit :
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je ne vois vraiment pas l’intérêt d’inventer une histoire ou de trouver des qualités à des trucs aussi oubliés qu’une guitare Suzuki de 73 par exemple, c’est une passion triste


Ce qui fait l'intérêt des guitares MIJ vintage et qui est à l'origine de l'engouement à leur égard, ce sont surtout les répliques produites durant "l'âge d'or" de la lutherie japonaise (fin des années 70 - milieu des années 80), par des marques tels que Greco, Tokai, Burny/Fernandes. A une époque où les grands fabricants américains ne produisaient pas vraiment des instruments inoubliables, les Japonais ont tout simplement fait mieux qu'eux. Ils achetaient les meilleurs bois (on peut même dire qu'ils raflaient tout ce qu'il y avait sur le marché) et réalisaient des copies d'un très haut niveau de qualité et moins chères que les modèles originaux, mais avant tout pour leur marché intérieur, parce que les Fender ou Gibson étaient trop chères pour les Japonais.
C'est l'époque des Super Real de Greco ou des Reborn de Tokai : ce sont en fait quasiment des LP reissues avant l'heure. Ibanez était une marque surtout tournée vers l'export (d'où le procès lawsuit), mais elle est relativement peu connue au Japon. En fait, la marque japonaise par excellence, c'est surtout Greco, qui faisait fabriquer ses instruments par Fujigen à partir de 1975, comme Ibanez d'ailleurs. Pour contrer cette concurrence dangereuse, Fender a préféré passer un accord avec Greco et ça a donné Fender Japan (début des années 80), tandis que Gibson a créé Orville by Gibson (fin des années 80), mais a aussi réagit en améliorant sa production américaine, d'où la bonne réputation des Gibson des années 90.
La mode du vintage fait que les prix se sont envolés, alors on s'est tourné vers le vintage MIJ parce qu'il y avait d'excellents instruments à des prix très abordables, mais les prix se sont aussi envolés pour les séries les plus réputées (comme les Greco Super Real, c'est désormais le budget d'une bonne Gibson), c'est devenu un marché avec des vendeurs spécialisés et des acheteurs plus collectionneurs que musiciens. Donc fini le temps où l'on pouvait trouver une petite pépite pour pas cher dans les annonces et de nos jours, conséquence de ce phénomène, même des modèles bas de gamme bénéficient d'un intérêt inattendu (et de prix parfois déraisonnables) par le simple fait qu'ils soient un peu anciens et "made in Japan".
Et comme le MIJ vintage est devenu cher, maintenant, on voit fleurir le MIK vintage ...