Buxi a dit :
As tu des enfants ? si oui, filtres tu tout ce qu’ils écoutent sous prétexte que ça risque de les perturber ?
J’imagine bien que non parce que tu n’as tout simplement pas ce pouvoir, et en admettant que tu y arrives sous ton toit, t’imagines bien qu’entre pôtes, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres ou alors tu te voiles la face.
Pourtant j’imagine que tu es un bon père de famille et que tes enfants sont très bien élevés malgré quelques conneries par-ci par-là, on est pas dans des messages subliminaux ou encore d’appel à la haine, faut relativiser et puis les gamins faut aussi leur faire un minimum confiance, ils savent aussi faire la part des choses, les miens savent le faire en tout cas car le dialogue est ouvert et sans tabou.


Justement, ton exemple est très bon et je pense que ça va dans mon sens.
Non, je n'ai pas d'enfant et il est évident qu'on ne peut pas filtrer tout ce qu'écoutent les enfants/ados.
Donc ils écoutent des musiques et des textes. Ils sont aussi soumis aux phénomènes de groupes, ils vont écouter tel chanteur ou tel rappeur parce que les copains écoutent aussi, et ils vont apprendre les textes et les répéter.
Je n'ai pas d'enfants, mais je m'en suis occupé en lycée, à l'internat, j'ai entendu comment ils parlent entre eux, et j'ai dû maintes fois intervenir pour essayer de jouer mon rôle d'éducateur. J'ai dû les reprendre plusieurs fois lorsqu'ils disaient "ça me casse les couilles" 1000 fois par jour (j'éxagére à peine, ils disent ça TOUT LE TEMPS d'où mon petit agacement), ou quand ils tenaient des propos homophobes du genre "sale PD". Et mon travail de sensibilisation a souvent été mis en difficulté par les textes qu'ils écoutaient. Quand les rappeurs qu'ils écoutent utilisent souvent des propos homophobes pour rabaisser leurs rivaux, ça devient compliqué, après, d'arriver à les sensibiliser.
C'est donc parce qu'il est impossible de filtrer tout ce que les gens écoutent ou voient, que les artistes sont en première ligne et ont donc une certaine responsabilité.

On peut toujours s'en foutre, en se disant "moi j'écris ce que je veux, je ne suis pas sensé éduquer les jeunes", ou alors on peut aussi se dire qu'on peut élever un peu le niveau. C'est peut-être aussi la différence qui existe entre le rap commercial (celui qui considère que la résussite sociale est proportionnelle à la taille de la bagnole et inversement proportionnelle à la surface de tissu que portent les nanas dans les clips) et le rap engagé.