Comme vous le savez sans doute, la MusikMess s’est tenue la semaine dernière. Le salon allemand est le rendez-vous des constructeurs et éditeurs de logiciels de musique, qui présentent leurs prochains produits ou ceux encore tout chauds sortis de l’usine. L’édition 2008 a accueilli 112.000 visiteurs, soit 4% de plus que l’édition record de 2007.
Mais la MusikMess, c’est aussi l’occasion pour une centaine de magazines du monde entier - essentiellement des titres européens - de distinguer les produits qui ont marqués l’année passée avec le trophée M.I.P.A.
Vous pouvez retrouver la liste complète des produits en compétition et récompensés répartis en 39 catégories sur cette page.
Le prix prestigieux du produit le plus innovant revient à la Gibson Robot Guitar, pour avoir concrétisé le rêve de toujours des guitaristes… elle s’accorde toute seule ! Un rêve à $2500 tout de même mais rassurez-vous, vous avez encore le temps d’économiser puisqu’elle n’est distribuée qu’au compte-goutte.
Après un an de beta-test auprès de 20.000 personnes, Jiwa sort officiellement aujourd’hui. Pour démarrer, le catalogue est composé de 400.000 titres, mis à l’écoute en streaming en haute qualité.
A la différence des Deezer et autres RadioBlogClub dont le contenu est fourni par les internautes avec des qualités d’encodage très variables, les morceaux de Jiwa sont fournis par les maisons de disque… et le son s’en trouve globalement bien meilleur.
Pour l’instant, le catalogue est fourni par Universal Music et Believe.fr, un agrégateur de titres en provenance de labels indépendants, mais Jiwa est en pourparler avec d’autres majors afin d’élargir son offre.
En résumé, cette nouvelle plate-forme semble avoir deux facteurs clés pour réussir : une qualité sonore excellente qui devrait ravir les internautes, et un modèle respectueux des ayants-droits depuis ses origines qui devrait fluidifier les échanges avec les maisons de disque.
Non non, ça n’est pas une blague, AQ interactive va sortir une version virtuelle du MS-10 sur Nintendo DS, sous licence leur permettant d’apposer le logo de Korg à leur produit.
Vu la puissance de la machine hôte, on pouvait douter sérieusement des capacités de ce Korg DS-10 -puisque c’est son nom, mais le résultat semble finalement tout à fait correct à en juger par la vidéo ci-dessous. Même si la sortie audio de la console de poche étant loin d’être exempte de bruit, l’utilité du logiciel restera limitée… d’autant que la liaison wi-fi se contentera visiblement de faire communiquer plusieurs DS-10.
Mais il n’empêche que l’idée est tout de même très sympa, d’autant plus que le produit sera proposé à seulement 4,800 YEN, soit environ 30€.
Sa sortie est prévue pour juillet 2008, au Japon exclusivement.
Mise à jour : finalement, le Korg DS-10 sera distribué dans le monde entier.
Je suis tombé sur un objet bien étrange : l’Atari Video Music. Créé en 1976 par l’ingénieur qui réalisa la version domestique du mythique jeu vidéo Pong, il affiche des figures géométriques très colorées et très typées fin des années 70 / début des années 80 en fonction du son qu’on lui envoie.
Bien sûr, c’est une machine qui n’a que des entrées analogiques puisqu’à l’époque même le Midi n’existait pas, alors l’audio numérique, vous pensez bien…
Voilà ce que donne l’Atari Video Music en action.
Je ne sais pas à combien est estimée cette machine à l’argus mais si elle vous intéresse et pour vous donner une idée, j’en ai vu un à vendre sur le net à $149 ( soit moins de 100€, le dollar est vraiment bas en ce moment).
Et pour finir sur une note technique, voilà une double-page du manuel d’origine qui vous montre les différents modes de fonctionnement.
L’intégralité du catalogue des Beatles devrait enfin arriver sur iTunes après de rudes négociations, qui se sont conclues par un deal de $400 million.
Cette annonce montre que la hache de guerre est définitivement enterrée entre les deux firmes homonymes. Apple Computers était en effet régulièrement attaqué par Apple Corp (Beatles) depuis des décénies dès qu’ils touchaient au secteur de la musique.
Les motifs de procès précédents concernaient l’inclusion d’une carte son dans le Mac, puis la création d’un logiciel de montage audio, le plus récent et perdu par Apple Corp en 2006 concernait le “Store” d’iTunes, qui selon le plaignant, enfreignait un accord de 1991 stipulant qu’Apple Computers n’utiliserait pas sa marque pour s’introduire dans le marché de la musique.
Suite à cette ultime attaque, les deux firmes ont passé un nouvel accord en 2007 remplaçant l’accord de 1991 : tous les droits relatifs à la marque Apple sont désormais détenus par Apple Computers, et Apple Corp a le droit de continuer à exploiter leur marque et leur logo.
C’est ce que propose depuis un peu moins d’un an le site SpliceMusic.com avec un séquenceur en Flash réellement impressionnant.
Depuis sa création, une communauté assez importante s’est formée et chacun apporte sa pièce musicale à l’édifice en mettant en ligne ses samples et en mettant en écoute ses compositions qui sont bien souvent “remixables”.
Une chose franchement sympa : vous pouvez le tester sans avoir à vous inscrire au préalable, ce qui devient de plus en plus rare sur internet. L’inscription est gratuite et vous permet de sauvegarder vos compositions, ainsi que de vous constituer une bibliothèque sonore en ligne.
Même si vous n’avez pas de samples sous la main, ou si vous voulez essayer le séquenceur en évitant une fastidieuse étape d’importation de samples, vous pouvez copier ceux d’un autre membre dans votre bibliothèque.
Le séquenceur pousse les limites de la technologie Flash dans ses derniers retranchements et permet même d’ajouter des effets à vos pistes.
Au niveau des performances, le séquenceur s’en tire plutôt bien si l’on considère que Flash est une technologie horriblement lente et gourmande en ressources processeur.
Lorsque j’ai tenté de remixer un projet de 9 pistes avec des effets dans Firefox 3 beta, je dois bien dire que mon MacBook (Core2Duo, 3Go de RAM) s’est pris un coup de chaud : le ventilo s’est affolé et le son était très haché.
En fermant toutes mes autres applications et tous mes autres onglets, c’est devenu correct mais la limite n’était tout de même pas très loin. D’un autre coté, si l’on veut créer un projet important avec plus d’une dizaine de pistes, on préfèrera toujours utiliser un vrai séquenceur.
En conclusion, c’est un projet intéressant, qui est très loin de pouvoir remplacer un séquenceur classique mais qui trouve son intérêt en tant que bloc-note musical toujours disponible, et qui est plaisant par son coté ludique grâce à sa communauté et la possibilité de créer des remixs ou de voir ses compos remixées par d’autres membres.
Voilà trois utilisation détournées d’objets, intéressantes, inutiles ou marrantes, à vous de voir.
Le PocketGuitar transforme votre iPod Touch en manche de guitare et vous permet de jouer avec. Afin de rendre la chose plus intéressante, il est même possible de jouer pendant la lecture d’un morceau stocké dans votre iPod. http://code.google.com/p/pocketguitar/
Ean Golden de djtechtools.com a trouvé un moyen de rendre ses sets DJ plus vivants : il utilise la guitare du jeu vidéo Rock Band comme contrôleur Midi. La limitation à 5 boutons et une bascule push/pull semble lui convenir, j’ai pourtant la sensation qu’on tourne très rapidement en rond à la vue de sa vidéo. Mais pour un court moment dans un set, ça peut être rigolo. Ean promet d’expliquer prochainement comment faire de même et de mettre à disposition les logiciels nécessaires : http://www.djtechtools.com/?p=223
DJtechtools vantait également le mois dernier les mérites de la platine Fisher Price, la première qui soit totalement sans fil. Pour l’occasion, DJ Mei-Lwun s’était même fendu d’un test vidéo complet montrant tous les avantages du produit, incluant même une séance de scratch.
L’ordinateur a ceci de fascinant qu’il permet à la fois de décupler ses capacités tout en étant handicapant. Car dans sa configuration la plus minimale - et la plus répandue, on ne dispose que d’un clavier, d’une souris, d’un écran… et c’est bien peu.
On trouve de plus en plus de combos interfaces audio/surface de contrôle à bas coût comme cette Alesis MultiMix 12
L’écran contraint notre vision à une surface limitée, et si le clavier constitue une interface convenable, on ne peut pas en dire de même de la souris.
D’une part, une souris ne permet pas d’agir directement : on la déplace sur le bureau pour faire bouger un pointeur à l’écran. De plus, elle n’est traduite que par un simple pointeur, ça n’est que la traduction d’un doigt. Même avec une multitude de boutons et de molette visant à démultiplier la capacité de ce pointeur unique, on en revient toujours au même : c’est très, très limitant.
Etrangement, cette situation semble souvent être admise comme étant normale : une quantité de musiciens s’en satisfont plus ou moins et consacrent tout leur budget à augmenter la puissance de leur machine plutôt que d’améliorer les moyens d’interagir avec elle.
Le Lemur est un écran tactile multipoint qui préfigure les interfaces de demain. Il reste très cher pour l’instant : plus de 2000€.
La plupart du temps, ce besoin de puissance est motivé par un besoin d’efficacité, de gain de temps.
Il serait parfois plus pertinent de se demander ce qui fait vraiment gagner du temps : faire l’économie d’un freeze de temps en temps, ou bien de dizaines de clics grâce à un deuxième écran ? Ou bien parce qu’une petite surface de contrôle matérielle permet d’accéder rapidement et précisément aux 20 boutons et faders les plus utilisés ?
Eviter les opérations fastidieuses et purement informatiques (changer de fenêtre, faire défiler, zoomer / dézoomer à cause d’un trop petit écran) permet de rester concentré sur les choses essentielles.
Avant d’investir, tâchez d’évoluer vos véritables besoins en puissance brute, évitez les surcoûts inutiles et consacrez d’emblée une partie de votre budget aux interfaces matérielles.
Après Radiohead, un autre groupe mondialement connu se met au "gratuit" : Nine Inch Nails, qui met à disposition son nouvel album en écoute et en téléchargement libre sur la toile.
Le leader du groupe, Trent Reznor, se lâche littéralement quand il s’agit de charger les maisons de disques, les qualifiant sans détour de "voleurs". Il serait aussi question de respect envers ses auditeurs.
Comme d’habitude, dès lors qu’il s’agit de critiquer les majors, le petit monde du net s’agite et apporte massivement son soutient inconditionnel. C’est ainsi qu’on peut lire ici et là que NIN distribue son album gratuitement. Ce qui est faux.
Pour commencer, seuls 9 titres des 36 sont disponibles au téléchargement, ce qui ne constitue qu’une version "démo" en quelque sorte. Pour obtenir le reste, au format numérique avec un PDF de 40 pages, il faut payer $5. Vient ensuite le double CD à $10, l’édition Deluxe à $75 contenant en plus un DVD et un Blueray, et enfin l’"Ultra-deluxe Edition Package" à $300, édition limitée à 2500 exemplaires, qui ont déjà tous trouvé acquéreur.
Et hop, rien qu’avec cette version c’est $750.000 dans la poche sur le dos de consommateurs prêts à banquer une somme colossale pour prouver qu’ils et elles sont de véritables fanboys et fangirls.
Une chose est claire : si les motivations réelles de Radiohead restent un peu mystérieuse, ce coup-ci rien n’aura été laissé au hasard. Dans une interview à CNET, Trent parlait de l’initiative de Radiohead :
"Radiohead is one of my favorite bands. When they announced they were releasing that album for free, I got dozens of text messages. It gave me goose bumps. It’s such an exciting way to sell a record."
La notion de gratuité semble être très, très étrange pour Trent puisqu’il la considère avec enthousiasme comme un moyen de… vendre un album. Pas de distribuer, hein, de vendre.
Alors qu’a fait Trent ? Eh bien d’abord, il a voulu tester le système en distribuant "gratuitement" un album de Saul Williams dont il était producteur. Autant éviter de prendre trop de risques directement hein, business is business. A la suite de quoi il fût un peu déçu des ventes par rapport à la version gratuite (18%), ce qui explique pourquoi la version gratuite de Ghost ne contient qu’un quart des pistes de la version complète : il ne faut surtout pas que celui qui télécharge gratuitement soit au niveau de celui qui paye. Encore une fois, ça n’a rien à voir avec la démarche de Radiohead.
Et enfin, ce petit cadeau permet de balancer un maximum de communiqués de presse qui sont rapidement relayés de manière positive, ce qui permet d’avoir une bonne promo à pas cher.
Bien entendu, l’info n’est relayée que parce que le groupe est déjà très connu… grâce à qui ? Eh bien sans doute grâce aux méchantes majors.
Finalement, il n’y a rien de désintéressé dans la démarche de NIN, bien au contraire. Qui pourrait y croire à part leurs fans inconditionnels ?
Aussi étrange que ça puisse paraître, il existe une scène composée de mutants mi-geek/mi-musicien qui s’acharnent encore et toujours à créer de nouvelles chiptunes, ces musiques ultra-synthétiques qui accompagnaient nos parties de jeux vidéos des années 80.
Bien sûr, la nostalgie joue à fond et certains n’utilisent cette forme de création que comme un grossier prétexte pour ne pas lâcher leurs jouets d’enfance.
D’autres aiment le défi consistant à créer quelque chose de musical à partir d’une palette de sons limitée et d’un nombre de pistes restreint.
Mais on peut aussi simplement apprécier ces sonorités surannées et la crasse numérique d’un bon vieux 8 bits qui aliase comme un forcené et s’impose sans nuance. Car telle une voix de crécerelle dominant un choeur lyrique, un bon “bleep” surnage toujours même au milieu de guitares saturées, qu’on se le dise.
Pour explorer cette voie étrange de l’électronique, plusieurs solutions sont envisageables.
La plus hardcore est bien entendu la solution hardware ; il suffit d’utiliser directement les consoles de jeu de l’époque. Effet garantit sur scène, et passeport pour se la jouer connaisseur, bien sûr… auprès de qui, c’est un autre problème.
Une alternative à peine moins puriste consiste à se procurer un SidStation, un synthé qui ravira les fans de la marque Commodore puisque sa partie sonore n’est autre qu’un Sid, le processeur sonore du C64.
Et enfin, la dernière solution est la plus simple : il suffit d’utiliser le bon logiciel, comme d’habitude. A un détour du net, je suis tombé sur le Magical 8bit Plug, un instrument virtuel permettant de retrouver ces sonorités, et qui a le double avantage d’être gratuit et d’exister sur Mac et Windows.
Ce plug-in est une création du groupe japonais YMCK qui l’utilise - semble t’il - exclusivement pour créer leurs pistes musicales.
Les YMCK sont un très bon exemple d’hommage aux productions des 80’s : musicalement, c’est assez proche de ce qui se faisait à l’époque, avec des mélodies ultra sautillantes, des lignes de basses qui partent dans des envolées lyriques impossibles, et des nappes qui sweepent systématiquement puisqu’il est impossible de tenir une note autrement sans casser immédiatement les oreilles.
Pour lever les derniers doutes qui pourraient persister, leurs clips ultra-colorés sont autant de références aux jeux vidéos rétro, incluant quelques featurings d’éléments mythiques (le dinosaure de PC Kid, la tour de Nebulus, les rotations en Mode 7…)
Ajoutez à cela des mélodies chantées très gentillettes et vous obtenez des morceaux qui s’élèvent au top niveau de la kitchitude et de la kawaïtude.
Milky Blue - YMCK
Au-delà des hommages, il est possible d’utiliser ces sonorités très caractéristiques dans des contextes plus à jour, on les retrouve ainsi principalement dans l’electronique (élctronica, house minimaliste…) mais parfois aussi dans la pop ou le rock.
Et pour conclure en musique, voilà trois morceaux sélectionnés vite-fait sur micromusic.net, un site dédié aux chiptunes :
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C'est le poids en kilogrammes du premier sampler, le Mellotron "Mark I". Il fonctionne à l'aide de bandes magnétiques. Son successeur, le Mark II, le remplace l'année suivante.