La musique algorithmique consiste à programmer un ordinateur de manière à lui donner des règles harmoniques et rythmiques et le laisser vaguer aléatoirement au sein de ces règles un fois le bouton “play” enfoncé.
Ce principe a notamment été décliné dans un “jeu” vidéo pour Nintendo DS appelé Elektroplankton, créé par l’inventeur du Yamaha Tenori-on. On y trouve plusieurs principes de création dont il est souvent assez difficile de déterminer précisément la partition qui sera obtenue suivant les modifications des règles engendrées par les actions du joueur.
Il existe un mode de jeu où des poissons sont projetés, rebondissent sur des feuilles en produisant des notes et achèvent leur course dans l’eau. En agissant sur l’inclinaison des feuilles, les poissons rebondissent différemment et on obtient une nouvelle partition : les rebonds sont peu prévisibles et on agit avec une idée assez floue du résultat : c’est une forme assez contemplative de musique générée, pas vraiment aléatoire puisque les poissons sortent toujours à la même vitesse et qu’une phrase musicale peut être répétée, mais ça n’est pas un séquenceur classique puisqu’il est imprévisible.
Un autre mode de jeu permet de définir des trajectoires de quatre points lumineux qui en fonction de leur passage jouent chacun une partition. Chaque point a une vitesse propre et il est possible d’aiguiller les flèches de manière à obtenir des boucles de durée variable afin de créer des motifs musicaux qui se décalent dans le temps.
C’est sur ce même principe, exploité de manière plus élaborée que se base Nodal, un séquenceur de musique algorithmique gratuit pour Mac OS X : on définit des chemins, mais leur création est libre et séparée par instrument. De plus les points de lecture qui parcourent ces chemins n’ont pas de vitesse fixe, ce sont les points de passage qui contiennent les informations sur la vitesse et la durée des notes. Chaque point de passage peut être une note précisément définie ou choisie aléatoirement dans un ensemble de note spécifié. Et le chemin n’est pas linéaire : on peut définir des embranchements qui seront empruntées aléatoirement par les point de lecture. Au final on obtient un véritable séquenceur pour créer de la musique algorithmique.
Voici un exemple qui illustre ces possibilités, mais sans les embranchements et avec des motifs très simples. Nodal les interprète comme une mélodie sans cesse changeante, rappelant un peu le type de mélodies qu’Aphex Twin créait parfois à ses débuts (Fingerbib, sur “Richard d James album” par exemple).
Ces séquenceurs imprévisibles ou aléatoires ne sont sans doute pas utiles à tous les musiciens pour composer réellement mais en tout cas ils font passer de bons moments entre le jeu, l’écoute et la composition… à essayer.


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