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Présentation de la batterieLa batterie : vaste sujet, qui a fait couler beaucoup d’encre sur le forum Zikinf et qui en fera certainement couler encore pas mal. Cet article a pour but de vous faire faire connaissance avec la batterie, nous éviterons de prendre partie et allons tenter de vous indiquer, futurs batteurs, quels sont les impératifs communément reconnus dans la secte des batteurs.Par Jean Gabin
Qu'est-ce qu'une batterie ?Présenter cet instrument peut paraître superflu, mais si nous voulons nous faire comprendre, il faut savoir de quoi qu’on cause ! Il faut déjà considérer cet instrument comme récent et surtout hybride, et son évolution, qu’on l’accepte ou non, est liée tout d’abord à l’apparition du Jazz. Au tout début du XXe siècle, voulant regrouper les deux instruments percussifs de la fanfare, à savoir la grosse caisse et le tambour, les premiers batteurs ne savaient sûrement pas qu’ils participaient à une révolution musicale. L’homme orchestre à portée de main : tout d’abord une évolution de la caisse claire, moins profonde pour des raisons pratiques et bien évidemment l’apparition de la batte actionnée au pied pour la grosse caisse, sur laquelle était souvent fixée un woodblock. Les baguettes sont plus fines que celles du tambour, et les premiers orchestres de danse étant réduits en nombre par rapport aux fanfares, les premiers balais apparaissent, pour produire un son moins fort. En 1909, les premières cymbales font leur apparition, suspendues par une lanière en cuir. Dès 1920, l’apparition des toms préfigure la batterie telle que nous la connaissons aujourd’hui, mais il faut attendre 1926 pour qu’apparaisse un système de cymbales actionnées par une tige coulissante à l’aide du pied gauche du batteur (bien inactif, à l’époque). Dans les années 30, la batterie acquiert ses lettres de noblesse, les premiers batteurs de Jazz ont à leur disposition : une cymbale, installée sur un pied à leur droite, un ou plusieurs toms attachés à la grosse caisse, une grosse caisse, frappée à l’aide d’une pédale rudimentaire à courroie et du pied droit, une caisse claire à timbre et un hi-hat (chapeau en hauteur) sur lequel ils peuvent faire sonner leurs premiers chabadas... et ... un tabouret de bar ! Des années 40 aux années 60, on verra apparaître entre autres innovations le tilter inclinable pour une cymbale qui prend de l’ampleur, permettant ainsi au batteur d’adapter une position plus ergonomique ; des toms accordables, voire inclinables, de meilleurs sièges, pédales de charleston et de grosse caisse ; les peaux Remo synthétiques dans les années 50, et une amélioration notable de l’accastillage. Pour la batterie d’aujourd’hui, point d’historique, il suffit de consulter un catalogue pour se rendre compte que ces évolutions ont abouti à des sommets de technologie (charleston à câble, double pédale, pédales débrayables, baguettes en matériaux synthétiques, etc.). Il est tout de même important de rappeler que cet instrument, à l’échelle historique de la musique, est très récent, et à ne point douter, on verra encore beaucoup d’innovations dans les années à venir : stay tuned, folks !
L'apprentissageTrès bien me direz vous, mais quelle voie faut-il choisir pour apprendre ce merveilleux instrument ? Un bon professeur parait une solution décente, et si vous avez la chance d’avoir une école de musique municipale à proximité, prenez contact, vous verrez que souvent un enseignement de qualité y est pratiqué pour des tarifs acceptables. Sachez néanmoins que cet instrument fait appel à de nombreuses qualités, autant cérébrales que physiques. Loin de moi l’idée de vous décourager, mais comme vous avez pu le constater plus haut, la batterie est constituée de plusieurs instruments de percussion, dont vous aurez la charge de superposer les rythmes, et ceci avec un tempo infaillible, qualité aujourd’hui première chez les batteurs : c’est ce qu’on appelle l’indépendance, comme pour le pianiste dont les deux mains ne jouent que rarement le même motif. Vos quatre membres seront appelés à effectuer différentes taches n’ayant en commun qu’une seule chose : la pulsation. Il est aussi bon de savoir que comme pour beaucoup d’instruments, peuvent apparaître de nombreux soucis musculaires, tendineux, et la batterie, comme tout instrument de percussion, est un instrument qui sollicite énormément les articulations, au niveau capsulaire notamment. Ne vous effrayez pas pour si peu, je répète qu’un bon professeur connaît tous ces paramètres. Assurez-vous que votre futur professeur a le matériel adéquat, i.e. deux batteries, une installation hi-fi et de bons casques pour jouer sur les nombreux playbacks disponibles aujourd’hui. Un bon professeur ne s’engagera pas comme ça : il vous auditionnera, vous expliquera sa démarche pédagogique, vous invitera à assister à un de ses cours si vous le désirez, et se tiendra prêt à répondre à toute vos questions avant de vous intégrer à l’école dans laquelle il travaille. Privilégiez si vous le pouvez les cours en tête à tête, pour pouvoir bénéficier d’un enseignement adapté à vos besoins, et ne négligez pas le fait qu’une école est aussi un lieu de rencontres entre musiciens et d’autres professeurs, des ateliers y sont proposés, et souvent vous pourrez participer à de nombreuses représentations, qui vous permettront d’enrichir votre expérience musicale. Acheter sa batteriePour débuter, vous aurez besoin : Si vous débutez, pas la peine d’investir dans du matériel de compétition, une batterie d’étude se compose d’une grosse caisse, de trois toms (l’alto, le medium et le tom basse), d’une caisse claire, d’une ou plusieurs cymbales (une ride et une crash suffiront) et d’un charleston. Vous êtes perdus ? Demandez de l’aide aux professionnels, mais évitez de demander conseil à un vendeur si vous n’avez aucune idée de ce que vous allez acheter : un peu de bon sens tout de même, batteur ne veut pas dire pigeon !
Les accastillages ne doivent en aucun cas vibrer, la résonance des fûts est à votre convenance, mais sachez qu’un bonne batterie est une batterie qui sonne sans bouts de ruban adhésif collés partout. Essayez de trouver une batterie qui restitue toutes les fréquences (très graves pour la grosse caisse, médiums/aigues pour la caisse claire...) mais sans trop de résonances parasites. Les cymbales ont une sonorité particulière, et là encore votre goût doit vous guider : les aimez vous chaudes et amples ou sèches avec une forte attaque ? La moindre des choses, c’est qu’elles ne ressemblent pas à des cercles de tôle, qu’elles aient une attaque marquée (pour marquer un tempo, c’est bien pratique !) et un soutien (le temps pendant lequel elle auront un volume égal, puis décroissant) raisonnable. Leur couleur ne doit pas vous rebuter, c’est du métal, et cela s’oxyde tout naturellement, par conséquent seul leur son est arbitre en la matière.
Quel bois choisir ? Ceci est encore affaire de goût, sachez tout de même que les bois les plus employés pour les batteries d’étude sont le tilleul, le peuplier et l’acajou des Philippines. Le nombre de plis (i.e. l’épaisseur du fût) détermine la résonance du fût, plus il est épais, plus le son est sec (par absorption des vibrations).
Les balais se composent d’un manche et de brins en acier ou synthétiques. Les premiers prix ont malheureusement tendance à perdre leurs brins, il faudra acheter du milieu de gamme si vous voulez travailler avec ces outils à la merveilleuse sonorité. Le siège doit accueillir votre séant pour les nombreuses heures de travail et de plaisir qui vous attendent, alors choisissez-le confortable si possible... Enfin, un bon casque, c’est un casque enveloppant. Point de petits écouteurs, vous n’entendrez rien, qu’on vous dit ! Le travail...gloups... Trêve de plaisanteries : un bon travail est un travail régulier, une demi-heure tous les jours est l’idéal batteristique, ou peu s’en faut. En effet, il faut se rendre compte qu’une fréquentation régulière de votre instrument vous permettra de mieux assimiler votre travail, c’est physiologique. Le corps s’adapte, le cerveau expérimente puis engrange les informations ; mais, et c’est là que la demi-heure se justifie : il ne faut pas user ses membres inutilement, il ne faut pas fatiguer ses synapses, et enfin, il faut surtout MENAGER SES OREILLES ! Le travail de la batterie gravite autour de trois fondamentaux : L’indépendance, elle, s’acquiert en apprenant très progressivement à dissocier les tâches de ses membres : étudier un nouveau rythme, c’est le décomposer et reconnaître comment s’articulent entre elles les différentes tâches. Il existe de nombreux exercices d’indépendance, dont le plus connu : nager le crawl ! Et oui, nager le crawl, c’est battre des pieds et faire des moulinets avec ses bras, donc faire preuve d’indépendance. Ne vous découragez pas au début, les efforts paient vite et votre premier poum tchak, poum poum tchak ne tardera pas à venir. Une sonorité c’est une empreinte musicale dans une œuvre musicale ; la gamme de sons qu’il est possible de produire avec une caisse claire est déjà une liste assez impressionnante : rim shots, cross sticks, fla, ra de 2, de 3, accents, ghost notes... tel est l’arsenal de votre main gauche. Il est donc important que vous travailliez ce son pour développer votre vocabulaire musical. Penser l’instrument comme mélodique est de mise aujourd’hui. Votre travail sera l’écoute attentive de ce qui se fait, la reconnaissance de comment et pourquoi on le fait. Quelques notions utiles quand il s’agit de travailler son instrument : Dernier conseil pour votre survie...apprenez des blagues sur les bassistes, chanteurs, guitaristes, vous en aurez besoin ! En savoir plus
Il y a 4 commentaires sur cet article.
Posté le 20-03-2007
anonyme
j'ai donc plus de 40 ans de batterie dérriere moi et j'en apprend encore tous les jours un grand merci pour cet article gilbert. Posté le 12-01-2007
jordanyc
...apprenez des blagues sur les bassistes, chanteurs, guitaristes, vous en aurez besoin ! " Très bon conseil, on se fait trop charier! Posté le 22-08-2006
Petit journaliste
Posté le 21-08-2006
condo13
Encore bravo pour cet article, en espérant qu'il y en ai d'autres. |
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