Le DIY et la musique
Le DIY peut s’avérer être un bon compromis parfois entre le manque de moyen et la qualité. Cela peut même avoir bien d’autres avantages, mais lesquels ? Comment ça marche ? Qu’est ce que c’est ? Cet article a pour but de vous faire découvrir ce domaine, et de vous guider un peu pour prendre le bon départ.
DIY ? Mais c’est quoi ?
DIY c’est l’abréviation de Do-It-Yourself en anglais, que l’on pourrait traduire par « fais le par toi même » mais qui se traduit en réalité par « bricolage ». En effet, probablement depuis la création de l’électronique, des personnes cherchent comment réaliser tel ou tel circuit par eux même, ce malgré les stratégies élaborées par les grandes marques pour garder secrètement leurs schémas.
Sans rentrer dans les débats contre l’ultra-consommation, on peut dire que l’idée est de parvenir à créer avec des composants électroniques du marché un module de son (ampli, pédale d’effet…) réputé, et de faire partager sa découverte afin de permettre aux gens de créer eux-même les modules de son dont ils rêvent sans avoir à acheter le très onéreux original. Cela peut ouvrir des horizons, dans le sens ou un peu comme le principe d’un « open source » en informatique, n’importe qui peut apporter sa retouche et améliorer des schémas.
Un jeu de construction ?
Et bien oui et non. Si vous n’avez aucunes connaissances en électronique, ça risque d’être dur, voir même impossible… Si vous ne savez pas ce qu’est un condensateur, ou dans quel sens brancher une diode, ou quel est le symbole d’un transistor, il faudra probablement laisser tomber l’idée. Une maîtrise minimum de la langue anglaise est fortement conseillée aussi.
Cependant, il y a différents degrés de difficultés et il est assez facile de les mesurer :
On pourrait qualifier de projets pour « débutant » les projets ne contenant aucun circuit intégré, c’est a dire uniquement constitué de résistances, condensateurs, bobines, transistors, interrupteurs… Ceux-ci sont accessibles à toute personne ayant un peu de connaissances en électronique ou pouvant se faire aider.
Types de projets : petites pédales de distorsion, préampli simple, sélecteur de canal audio…
Les projets « intermédiaire » serait les projets dans lesquels on aura besoin de circuits intégrés. La difficulté devient généralement plus grande, et certaines règles d’électronique plus avancées sont à connaître pour utiliser ce genre de composants.
Types de projets : pédales d’effet, table de mixage, amplificateurs, mini synthétiseur…
On pourrait alors qualifier les projets « expert » tous les projets nécessitants des circuit intégrés programmables (PIC en général). A ce niveau il faut des connaissances poussées en électronique, et en logique de contrôle programmable, et il faut de plus beaucoup de matériel.
Types de projets : Quasiment tout ce qui existe !
Super ! Alors comment je fais ?
La première règle est de s’armer de bonne volonté et de patience. Il peut paraître simple à première vue de se lancer dans l’expérience, mais c’est en réalité assez galère, on ne me fera pas dire le contraire. Le principe veut que des électroniciens mettent leurs schémas sur Internet ou dans un magazine, et c’est ce qui pose problème. Car malgré toute la bonne volonté d’un électronicien, il n’a pas forcément les capacités pour être pédagogue, graphiste, et metteur en page. Résultat : des pages Internet très mal référencées, dont on ne comprend pas l’organisation, des schémas crayonnés-scannés illisibles, des oublis de remarques hyper importantes, des erreurs sur les schémas, des formulations douteuses, un vocabulaire avec des abréviations jamais vues, etc…

Ensuite, il faut faire l’inventaire du matériel que vous possédez. Les outils indispensables sont :
-Un fer à souder avec une pointe assez fine
-Du fil électrique assez fin
-Des pinces et petits tournevis
Puis viennent les outils moins indispensables mais qui aident à faire un résultat propre :
-Le matériel à imprimer des PCBs (cartes électroniques avec les pistes en cuivre). On peut se passer de ce matériel car il suffit d’acheter des cartes pré-percées et pré-imprimées. L’inconvénient est que cela demande beaucoup plus de temps ensuite pour placer les composants et faire les connexions. De plus, avec ce type de méthode le risque de créer des faux contacts est assez grand. Mais c’est une possibilité. Cela dit, des entreprises en concurrence sur Internet proposent des prix de plus en plus bas pour réaliser vos PCBs. Renseignez-vous car c’est très pratique.
-Une pince à dénuder (on peut s’en passer mais ça aide quand même)
-Un programmateur de composants si le projet contient un composant programmable
Tout ce matériel coûte assez cher, et avant d’acheter tout cela, il est préférable de voir si il sera rentabilisé. Ca ne sert à rien d’acheter tout çà pour faire uniquement une petite pédale de distorsion par exemple, car le prix de revient du matériel et des composant sera probablement supérieur au prix d’une bonne pédale d’usine.
Vous vous sentez prêt? Et bien c’est partie pour l’étape « recherche ». Des magazines d’électroniques donnent souvent des projets de différents degrés de difficulté pour application musicale. Les grands classiques qui reviennent souvent sont l’amplificateur Hi-fi ou sono, les pédales trémolo, distorsion, crunch, les tables de mixages… Surveillez les projets qui vous intéressent chez votre libraire. Internet est également une source infinie de projets en tout genre. Le problème comme je disais plus haut c’est que bien souvent c’est très mal référencé par les moteurs de recherche. Voici des exemples de sites dédiés au DIY :
http://www.tonepad.com , un site proposant un large choix de pédales d’effets guitare et des projets d’amplificateurs.
http://tomscarff.tripod.com , un site dédié principalement aux projets de contrôleurs MIDI.
http://yusynth.net , site contenant un tas de projets de synthétiseurs de sons.
http://www.carrionsound.com/bend_links.htm , page contenant des liens vers des projets de « circuit bending », technique qui consiste à modifier des jouets ou autres circuits électronique pour en faire des instruments, parfois d’une utilité douteuse, mais c’est marrant à voir.
Voilà, je ne donnerai pas plus car c’est à vous de chercher ce que vous voulez trouver, mais cela vous permettra d’apprécier le type de site sur lequel vous pouvez tomber, pour le meilleur et pour le pire !
Bonne organisation = projet en bonne voix
Le problème du DIY c’est qu’on a tendance à se dire qu’on peut faire ça tranquillement le dimanche entre la promenade du chien et l’apéro chez le voisin. En réalité, l’important pour réussir c’est de s’organiser, sinon on se décourage et on se retrouve avec un début de carte toute pourrie qui ne sert à rien et dont on oublie même quel était le but original.
Pour vous aidez un peu, voici les étapes de réalisation à respecter pour avancer sûrement vers la réussite :
- Vérifier que vous avez bien tous les documents utiles à la réalisation de votre projet. C’est à dire :
- liste des composants, sinon, à faire à partir du schéma
- schéma complet du montage (parfois il manque l’alimentation, un détail) avec toutes les valeurs. Parfois on est sensé les deviner, dans ce cas n’hésitez pas à demander de l’aide directement au créateur, ou bien à votre revendeur de composants.
- impression du PCB si vous voulez en faire un
- Essayer de bien acheter tous les composants nécessaires en une seule fois, y compris boîtier, supports de circuits intégrés, et câbles si besoin. Sinon le risque est de tomber en rade, de repousser à plus tard le projet et puis finalement d’oublier.

- Imprimez le PCB si besoin. Sinon il faut commencer à réfléchir à la meilleur organisation des composants sur votre carte pré-perforée. Attention à ne pas trop coller les composants, et essayer d’organiser les composants dans un sens logique de fonctionnement, typiquement c’est de l’entrée vers la sortie de gauche à droite. De même prévoir un emplacement légèrement isolé pour l’alimentation.
- Vient ensuite la soudure des composants. Attention au sens des composants, et si vous avez des circuits intégrés à souder, vérifier que vous pouvez le faire directement. La plupart du temps non, donc pensez à souder les supports de circuits intégrés et non le composant, sous peine de le détruire. Le conseil est de commencer toujours par souder la partie alimentation, puis tester qu’on a bien la bonne tension en sortie. Puis poursuivre module par module et tester au maximum les fonctions des modules. C’est important pour ne pas tout faire d’un coup et devoir ensuite trouver d’où vient le problème dans toute la carte si elle ne fonctionne pas.
- Le test final, votre projet fonctionne-t-il ?
-Puis dernière étape, faire un joli boîtier, mais surtout un boîtier solide. N’oubliez pas de le connecter à la masse du circuit si il est en métal, ça évite des surprises…
Le but de cet article n’était pas de vous décourager, mais de faire une présentation la plus réaliste possible. Il faut quand même savoir que sans compter le matériel nécessaire pour la réalisation, la fabrication d’un projet peut avoir un coût de revient nettement inférieur à celui d’un objet du commerce. Et surtout, c’est la fierté d’avoir son objet unique ! C’est un challenge aussi, à vous de voir !